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Ma dignité ne dépend pas de ma maternité

### Quand l’absence d’enfant devient un motif de rejet

Elle s’est mariée jeune, avec l’espoir de construire une famille et de connaître un jour la joie de la maternité. Mais les années ont passé sans qu’elle puisse mener une grossesse à terme.

Au sein de la grande famille dans laquelle elle vivait, une autre femme, mariée à la même période, avait déjà eu des enfants. Cette différence est progressivement devenue une source de comparaisons et de reproches.

Les premières humiliations sont venues de sa belle-mère. Puis son mari a commencé, lui aussi, à remettre en question sa place dans le foyer.

Tout ce qu’elle faisait était mal interprété. Elle raconte notamment que son époux quittait régulièrement leur chambre pour aller dormir chez sa mère, accentuant son sentiment d’exclusion et de solitude.

### Des années de traitements, de souffrances et de violences

Déterminée à devenir mère, elle a multiplié les démarches médicales et les traitements traditionnels, souvent à ses propres frais. Elle explique avoir également acheté des médicaments pour son mari, sans bénéficier d’un véritable soutien financier de sa part.

À plusieurs reprises, elle est tombée enceinte, mais aucune de ses grossesses n’a abouti.

À la douleur de ces pertes se sont ajoutées les violences physiques et psychologiques.

Son époux la frappait régulièrement, parfois avec des armes blanches. D’autres membres de sa belle-famille ont également commencé à exercer des violences contre elle.

Elle a longtemps gardé le silence, persuadée que ses proches lui demanderaient simplement de retourner dans son foyer si elle dénonçait ce qu’elle subissait.

Un jour, une jeune fille de la famille l’a violemment frappée par derrière avec le manche en bois d’une hache, lui faisant perdre connaissance.

Cet événement particulièrement grave a renforcé sa prise de conscience de la situation dans laquelle elle vivait.

### Un mariage qui existe encore sur le papier

Après ces événements, elle et son mari ont quitté la concession familiale pour vivre ailleurs.

Mais leur relation ne s’est pas améliorée.

Son époux s’absentait pendant plusieurs semaines, parfois plusieurs mois. Un jour, il est venu récupérer toutes ses affaires et n’est plus revenu vivre avec elle.

Depuis près d’une année, ils vivent séparément.

Bien qu’il continue de payer le loyer, elle prend seule en charge ses autres dépenses quotidiennes.

Malgré ses nombreuses tentatives de réconciliation et l’intervention de personnes respectées de leur entourage, son mari refuse de revenir.

Aujourd’hui, elle trouve dans son travail les ressources nécessaires pour subvenir à ses besoins et poursuivre sa vie.

Après dix années de mariage, elle reste légalement liée à son époux, mais s’interroge profondément sur le sens de cette union.

### La dignité d’une femme ne dépend pas de sa maternité

À travers son témoignage recueilli lors de l’atelier **Palette de Résilience**, cette survivante nous invite à réfléchir aux pressions sociales et familiales exercées sur les femmes confrontées aux difficultés de maternité.

Son histoire met également en lumière les conséquences du silence, les violences au sein des familles élargies et la nécessité de protéger les femmes indépendamment de leur situation matrimoniale ou reproductive.

Elle termine son récit par une réflexion particulièrement forte :

**« Un mariage dans lequel tu n’es pas respectée et protégée n’est pas un mariage. »**

Cette parole nous rappelle qu’une femme ne devrait jamais être jugée, humiliée ou violentée parce qu’elle n’a pas d’enfant.

La dignité, le respect et la protection sont des droits fondamentaux qui ne dépendent ni de la maternité ni du statut matrimonial.

### KUMAN : libérer la parole pour transformer les mentalités

À travers le projet **KUMAN : « Libérez-vous de ce silence qui détruit ! »**, l’Association Jeuness’Art poursuit son engagement pour la prévention des violences basées sur le genre, l’expression des survivantes et la sensibilisation des communautés.

L’atelier Palette de Résilience offre aux participantes un espace d’expression artistique et de partage, leur permettant de raconter leurs expériences dans un cadre respectueux de leur dignité.

**Découvrez le témoignage 4 et contribuons ensemble à combattre les violences et la stigmatisation des femmes.**

📲 **Téléchargez et utilisez l’application KUMAN**, disponible sur App Store et Play Store.

*Pour protéger son identité, le visage de la survivante est dissimulé et sa voix modifiée.*

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**À propos du financement**

Le projet KUMAN est mis en œuvre par l’Association Jeuness’Art et financé par le FAMOC II avec l’appui du ministère des Affaires étrangères du Royaume du Danemark.

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Captation
2026-10-15
Durée
07:10
Langue
Bamanakan