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Douze ans de mariage, cinq jours de répit

### Une enfance marquée par les abus et le silence

Elle était encore une enfant lorsqu’elle a été envoyée vivre chez un membre de sa famille. Dans ce foyer où elle aurait dû trouver protection et affection, elle raconte avoir subi des abus sexuels accompagnés de menaces et de chantage.

La peur l’empêchait de se confier, même lorsque d’autres proches venaient régulièrement à la maison.

Plus tard, envoyée en Côte d’Ivoire, elle a de nouveau été confrontée au harcèlement sexuel d’un membre de sa famille. Elle avait alors à peine 14 ans.

Au lieu de pouvoir grandir dans un environnement protecteur, elle a dû apprendre très tôt à vivre avec la peur et le silence.

### Un mariage imposé, douze années de souffrance

Son parcours prend ensuite un autre tournant lorsqu’un mariage avec un homme beaucoup plus âgé lui est imposé. Selon son témoignage, même son propre père n’a pas pu s’opposer à cette décision prise par d’autres membres de la famille.

Les premières années de mariage sont particulièrement difficiles. Après plus de trois ans sans enfant, elle raconte avoir subi des insultes et des humiliations, allant jusqu’à être accusée d’infidélité.

La naissance de ses enfants ne met pas fin aux difficultés.

Malgré les moyens financiers de son époux, elle explique avoir dû prendre en charge, avec le soutien de ses proches, de nombreuses dépenses liées aux grossesses, aux accouchements et à la scolarité des enfants.

À ces responsabilités s’ajoutent les violences physiques. Pendant douze années de mariage, elle raconte avoir été battue à de nombreuses reprises.

Un jour, l’un de ses enfants intervient pour défendre sa mère. Selon elle, cette intervention marque la fin des coups.

Mais l’absence de nouvelles violences physiques ne signifie pas la disparition de toutes les souffrances. Elle décrit également les obstacles que son mari continue de dresser contre son autonomie et son épanouissement.

### Cinq jours pour retrouver le sommeil

C’est dans ce contexte qu’elle participe à l’atelier **Palette de Résilience**, organisé dans le cadre du projet KUMAN.

Pendant cinq jours, elle découvre un espace d’expression, d’écoute et de partage avec d’autres survivantes de violences.

Un passage de son témoignage résume particulièrement les effets des souffrances accumulées.

Elle confie que, durant ses douze années de mariage, les cinq jours passés à l’atelier ont été les seuls moments où elle a eu le sentiment de pouvoir véritablement dormir.

Derrière cette confidence se dessinent des années de peur, de fatigue et de tension psychologique.

Son récit rappelle combien un environnement sécurisant, une écoute bienveillante et la possibilité de s’exprimer librement peuvent compter pour les personnes ayant traversé des violences.

### Briser le silence pour protéger les générations futures

Ce deuxième témoignage de la série *Palette de Résilience* dépasse l’histoire individuelle d’une femme.

Il interpelle sur la protection des enfants contre les abus intrafamiliaux, les conséquences du mariage forcé, les violences conjugales et les mécanismes sociaux qui empêchent les survivantes de demander de l’aide.

Il rappelle également qu’une femme ne devrait jamais être privée de sa liberté, de sa dignité ou de ses possibilités d’épanouissement au nom du mariage.

**Aucune enfant ne devrait grandir dans la peur. Aucune femme ne devrait passer sa vie à chercher un peu de paix.**

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Captation
2026-10-13
Durée
11